Lors du débat télévisé entre les deux candidats, mercredi 2 mai, le sujet des retraites a été l'occasion d'un échange nourri, long (un bon quart d'heure) et relativement dur, entre les deux candidats. Si l'on passe sur la forme du débat et l'affrontement entre deux méthodes, que peut-on en retenir ?
Nicolas Sarkozy n'a rien dévoilé de nouveau. Les éléments-clefs de son programme sont connus : logique de continuité de la loi Fillon, sans préciser ses souhaits quant à l'aménagement des paramètres prévu en 2008, réforme des régimes spéciaux, hausse des pensions de reversion des veuves et revalorisation des petites retraites (en comptant sur le financement apporté par la réforme des régimes spéciaux).
Du coté de Ségolène Royal, les éléments habituels de ses propositions étaient mis en avant : hausse des petites retraites et remise à plat de la loi Fillon. Elle s'est engagée à intégrer les régimes spéciaux dans cette grande remise à plat avec les partenaires sociaux, dans le dialogue avec Nicolas Sarkozy. Coté financement, Ségolène a réaffirmé son souhait de "mettre des fonds supplémentaires" au fonds de réserve pour les retraites. Elle a tenté de préciser la source de ce financement, en parlant, fait nouveau, d'une "taxe sur le revenu boursier", qui serait discutée avec les partenaires sociaux.
Il est dommage que cette proposition n'ait pas été creusée au delà du vif échange dont il a fait l'objet, sous le seul angle de la taxe qui l'alimenterait. Le FRR est un outil utile, essentiel, même, de l'accompagnement de la réforme des régimes de retraites. Le fait qu'il reste dans le débat comme un élément iconoclaste, lié à une taxe floue et issue tardivement dans le débat n'est pas de nature à clarifier son avenir et son rôle. Rappelons que le FRR a été créé sous le gouvernement Jospin, pour lisser la progression de besoins en financement, au moment du passage des grandes classes d'âge issues du baby-boom à l'âge de la retraite, et permettre ainsi une réelle progressivité
L'élection présidentielle, et surtout un débat télévisé, n'est sans doute pas le moment le plus facile pour parler avec sérénité d'un sujet technique comme le FRR. Il semble pourtant nécessaire que ce sujet soit développé au cours de cette campagne, pour orienter d'un choix démocratique clair l'orientation de cet outil de la solidarité entre les générations et de lissage de l'évolution du financement des retraites.
Ce sujet devrait dépasser le clivage actuel, entre l'ignorance de Nicolas Sarkozy et la solution trop centrale qu'il occupe dans le financement pour Ségolène Royal. Peut-on espérer des législatives un éclairage moins confus sur ce sujet ?
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