Un sondage Ifop réalisé pour l'Afer indique que 83% des Français sont inquiets pour l'avenir des retraites. L'Afer a posé dix-neuf questions aux candidats à l'élection présidentielle sur les sujets de la croissance, de l'épargne et de la retraite, et publié leurs réponses hier (document PDF disponible ici
).
La question 12 est celle qui concerne plus spécifiquement l'enjeu de réforme du régime des retraites : Comment pensez vous poursuivre la réforme du système français des retraites? Direz vous clairement aux français qu’il faudra travailler plus et plus longtemps?
Les réponses sont pour le moins contrastées.
Ségolène Royal évite le débat sur la nécessité de travailler plus pour se concentrer sur des propositions variées qui entourent plus qu'ils ne concernent l'enjeu de pérennisation du système de retraites (pension minimale, revalorisation des petites retraites, mode de financement des régimes spéciaux...) autour d'une "large négociation" :
J’ouvrirai, avec les partenaires sociaux, une large négociation portant notamment sur la fixation d’un minimum de pension garantie s’approchant du SMIC, sur la revalorisation des petites retraites, la prise en compte du travail pénible et des charges de famille, le mode de financement des régimes spéciaux, la remise à niveau du fonds de réserve des retraites ainsi que sur l’augmentation de l’emploi des seniors.
Nicolas Sarkozy se place dans la continuité de la réforme Fillon de 2003, propose de la "conforter" sans donner plus de détail, et insiste plus sur les régimes spéciaux et la nécessité de "travailler plus", :
La réforme des retraites de 2003 a constitué une avancée majeure pour nos régimes de retraites par répartition. Elle doit être préservée et toute proposition d’abrogation de cette loi serait irresponsable. Je souhaite que le rendez vous permette de la conforter, de s’assurer que les conditions de l’équilibre des régimes jusqu’en 2020 sont bien remplies et de rendre le système plus équitable, en réformant les régimes spéciaux. Il est clair que la préservation de notre système de retraite dépend de notre capacité à travailler davantage collectivement. Je souhaite donc donner plus de liberté à ceux qui peuvent et veulent travailler plus longtemps, y compris en favorisant le plein cumul d’un emploi et d’une retraite.
François Bayrou ouvre le principe d'une réforme globale des régimes, instaurant une "retraite à la carte", gérée par les partenaires sociaux, sans entrer dans des solutions détaillées :
La réforme du système français de retraites doit être globale. Il s’agit de mettre en place une refonte universelle c’est à dire une réforme qui englobe tous les régimes, y compris les régimes spéciaux. Cette refonte ouvrira la voie à un système de retraite à la carte ou retraite par points dans lequel le montant augmentera avec le temps de cotisation ; cette retraite à la carte est fondée sur la liberté : chacun aura le droit de définir l’âge de son départ à la retraite à partir de 55 ans mais en contrepartie le niveau de retraite sera moins important. Ce système de retraites sera géré en pleine responsabilité par les partenaires sociaux.
Les autres candidats ayant répondu, Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen, parlent d'axes de réforme plus nets, qui vont de la suppression pure et simple des régimes spéciaux, au fait de repousser nettement et indistinctement l'âge du passage en retraite ("l'âge de la retraite devra, à l'instar de ce qu'on fait les allemands, être repoussé progressivement" pour Philippe de Villiers, tandis que, pour Jean-maire Le Pen, il s'agit de proposer "l'augmentation à 65 ans de l’âge légal de la retraite" au milieu d'une floraison de proposition très détaillées.
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