Dans l'actualité du débat sur les retraites :
François Bayrou livre une interview au "journal des finances", François Bayrou précise sa vision de la réforme des retraites :
François Bayrou : La réforme des retraites est obligatoire quel que soit le gouvernement. Je suis pour une réforme de fond et je la soumettrai au référendum des Français. Je le dis à l’avance : tout le monde aura la possibilité de s’exprimer sur ce grand sujet. Voici les principes de la réforme. Premièrement, une retraite qui adapte à la retraite actuelle les principes d’une retraite complémentaire à points. Ainsi, chacun des Français, à partir de l’âge légal qui ouvre le droit au départ à la retraite, pourra connaître exactement le montant de ses pensions et leur évolution et choisir si la pension est suffisante ou s’il doit prolonger son activité. Je demanderai qu’on prenne en compte la réalité de la vie, c’est-à-dire la pénibilité du travail, ou la prise en compte du temps passé à élever ses enfants.
Dans Le Monde, dialogue entre Jean-Pierre Raffarin et François Hollande sur la réforme des retraites :
Jean-Pierre Raffarin : Il y a quand même eu des réformes faites. M. Rocard avait dit que celle des retraites ferait tomber quinze gouvernements. Or on a pu faire avancer ce dossier essentiel en respectant la règle des trois "D". D'abord un diagnostic partagé, et je n'ai pu progresser que parce que Lionel Jospin avait mis en place le Comité d'orientation des retraites. Ensuite, il faut un dialogue. C'est un point très important : le politique n'a pas suffisamment de légitimité pour réformer seul. On ne fait pas de réforme sans allié dans la société civile. J'ai pu avancer sur les retraites grâce à la CFDT, sur l'assurance-maladie grâce à un partenariat avec la mutualité et sur la décentralisation grâce à un partenariat avec les collectivités territoriales. C'est l'alliance du politique et de la société civile qui permet la décision. Il y a une ingénierie de la réforme qui est aujourd'hui possible.
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François Hollande, partagez-vous l'analyse de M. Raffarin sur la réforme des retraites ?
Il est tout à fait exact que, sur ce dossier, le diagnostic a été partagé. Le dialogue a eu lieu, mais sans aboutir à un accord majoritaire, qui aurait permis d'aller beaucoup plus loin dans la discussion et la négociation. Le dialogue social, dans cette affaire, n'a pas été poussé comme il convenait. La preuve, c'est que cette réforme a provoqué un mouvement social qui a été vaincu par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, avant que ce dernier ne le paye aux élections régionales de 2004. De ce point de vue, la réforme des retraites aura permis d'avoir 20 régions sur 22 à direction socialiste! Enfin, il y aura à revenir sur la question des retraites dès 2008 et il faudra faire des choix de société en optant soit pour un système plus individuel fondé sur l'assurance, soit pour un système plus collectif fondé sur la solidarité. Mais il faut élargir le débat. La crise démocratique en France n'est pas niable. Depuis 1981, aucun gouvernement n'a été reconduit; le 21 avril 2002 est dans toutes les mémoires, comme le non au référendum européen de 2005.
Etonnant dialogue, qui oppose un homme fier de sa méthode à un autre qui lui oppose la froide rationalité de l'électorat mécontent. Il est dommage que le débat ne rebondisse pas sur la piste proposée par François Hollande, qui semble vouloir proposer un clivage : "un système plus individuel fondé sur l'assurance, soit pour un système plus collectif fondé sur la solidarité".
Politiques de droite comme de gauche devront passer par un préalable qui fait consensus : la solidification du régime de répartition, par une évolution du financement. Dans l'accompagnement et l'entourage de ce dispositif, il reste de multiples marges de manoeuvre et des pistes de gauche comme de droite. Des outils techniques, des éléments qui permettent une meilleure justice intergénérationnelle.
Où sont d'éventuels d"bats sur un élargissement des système d'épargne individuels ? Sur la proposition de clarification et de renforcement du fonds de réserve des retraites, recommandée par le rapport Pébereau comme un préalable ? Sur l'idée de fonds de capitalisation, collectifs ou individuels ?
Ségolène Royal a
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