Thomas Piketty tire un bilan de la campagne dans Libération, où il évoque le sujet des retraites, comme un élément emblématique de l'impréparation du parti socialiste, et de l'erreur stratégique d'avoir privilégié, cmomme une illusion, le projet au candidat :
Exemple évident illustrant ce point : la terrible séquence du débat télévisé portant sur les retraites, dans laquelle Sarkozy a conduit la candidate socialiste à proposer une taxe sur les revenus boursiers. Non pas qu'une telle taxe soit, en tant que telle, inenvisageable : le fonds de réserve pour les retraites est déjà en partie alimenté par une (modeste) contribution sociale sur les revenus de placement, et rien n'interdit de la relever dans le cadre du nécessaire rééquilibrage travail-capital de notre système fiscal. Mais cette réponse tout de même un peu courte rappelait à des millions de Français que pendant des années les socialistes se sont contentés de célébrer l'abrogation future de la loi Fillon. Alors même que l'immense majorité de l'opinion sait depuis des années que la pérennité de notre système de retraites exige des réformes précises et courageuses.
Piketty a effectivement raison de pointer ce sujet, de manière pertinente. L'allusion un peu forcée à une taxe destinée à financer le fonds de réserve pour les retraites sentait l'improvisation en direct. Un enjeu comme celui des retraites ne saurait se satisfaire de ce type de procédés un peu légers, dans un mode d'opposition sans préparation.
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Emmanuel Todd, au détour d'une interview relayée sur le blog Horizons, évoque le fait que "A gauche, un bon nombre s'est contraint à voter Royal dans le seul espoir de battre Sarkozy ; à droite, le vote Sarkozy a été largement un vote anti-Royal et je ne crois pas que les personnes âgées, qui lui ont apporté leur voix, souhaitent une réforme des retraites".
La sociologie de l'électorat de Nicolas Sarkozy posera-t-elle problème pour la réforme des retraites ? Nicolas Sarkozy a en effet réalisé, d'après IPSOS, un score de 68% chez les plus de 65 ans, et été distancié chez les plus jeunes (42% chez les 18-24 ans). On peut douter, ceci-dit, de cet argument. D'une part, les jeunes actifs ont largement voté pour Nicolas Sarkozy, et d'autre part, on peut douter que la sociologie de l'électorat joue à ce point sur une réforme aussi complexe. En outre, aucune réforme de retraite n'a jusqu'ici conduit à une baisse substantielle des prestations des pensionnés, gros réservoir de voix du président.
On peut néanmoins s'étonner ou noter que, dans les propositionsndu président, la plupart aient touché soit les actifs (alignement des régimes spéciaux), soit les retraités d'aujourd'hui (hausse des pensions de reversion...), mais que peu aient concerné les cotisants à venir, ceux qui auront à supporter une charge et un coût majeur. La proposiition de Ségolène Royal de renfflouement du fonds de réserve des retraites, même si mal formulée, avait au moins le mérite de travailler sur ce sujet de la solidarité intergénérationnelle, des classes privilégiées d'aujourd'hui aux lourds cotisants de demain.
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Dans Le Monde, un article de Marie-Béatrice Baudet : Des retraites dont le financement sera assuré. Extrait :
La situation financière de la branche vieillesse continue de se dégrader en dépit de la réforme Fillon de 2003, dont l'un des effets a été d'aligner la durée de cotisation des fonctionnaires sur celle des salariés du privé. La loi, basée sur un scénario volontariste, prévoyait le retour à l'équilibre comptable du régime dès 2020. Un objectif qui semble d'ores et déjà difficile à atteindre. Les départs avant 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler très jeunes ont été plus importants que prévu (340 000 à fin 2006). Et les prévisions concernant le déficit 2007 tablent sur près de 5 milliards d'euros. Un chiffre qui ne facilitera pas les discussions lors du bilan d'étape prévu par la loi Fillon, fin 2007/début 2008. L'allongement prévu de la durée de cotisation inscrit au menu, suffira-t-il ?
Rendez-vous dans quelques mois. La campagne présidentielle n'aura pas suffi à déterminer de manière précise la volonté du peuple pour orienter cette négociation.
Un sondage Ifop réalisé pour l'Afer indique que 83% des Français sont inquiets pour l'avenir des retraites. L'
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